Pour l’abonné

L’abonné, usager et consommateur, risque d’être confronté à certains problèmes financiers.

    A. LA PRESSE

– France 3 Bretagne – 10 septembre 2018 : « Son compteur Linky explose sa consommation » (lien)
– La Dépêche – 10 septembre 2018 : »Quand le compteur Linky débloque : la facture EDF d’un Breton multipliée par 10″  (lien)
– Magjournal 77 – 8 mai 2018 : « Compteur Linky : la facture d’électricité de Corinne et Didier a doublé » (lien)
– L’Est Républicain – 1er mai 2017 : « Linky : la consommation d’énergie qui dérape ? » (lien)
– La Voix du Nord – 15 mars 2017 : « Après l’installation d’un compteur Linky, leur facturation électrique est multipliée par 3,5 » (lien)
– Le Figaro – 12 mars 2017 : « Certains compteurs surestimeraient la consommation en électricité » (lien)
– L’Est Républicain – 23 janvier 2016 : « Nancy : Linky fait disjoncter le porte-monnaie » (lien)

    B. LES RAISONS DES AUGMENTATIONS DE FACTURES

     1. Les mises en marche inopinées

Il apparait que le compteur « intelligent » Linky décide par lui-même de mettre en marche certains appareils (ballons d’eau chaude, radiateurs, …), de jour ou de nuit, selon ses propres estimations, et en dehors de toute volonté de l’abonné qui ignore ces initiatives.
La lettre d’un abonné, parue dans le blog de Mediapart, est significative. (lien du Blog) (la lettre)

     2. Rembourser les dépenses d’ENEDIS

EXTRAITS DU RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES (lien)
> page 253
II – Un dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis
A – Un coût effectif total de 5,7 Md€ en euros courants 
Le coût, ramené au compteur, est de 130 €.

> pages 254 – 255
B – Des conditions avantageuses pour Enedis, un financement assuré par les usagers
1 – Un différé tarifaire au coût excessif
Ce différé constitue donc une avance faite par Enedis, remboursée par les consommateurs à partir de 2021. Le taux d’intérêt de cette avance est de 4,6 %.
Le financement du différé est réalisé, notamment par un prêt intragroupe au taux de 0,77 % adossé à un financement de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Enedis bénéficie donc d’un différentiel de rémunération de 3,83 %, pour la part financée par le prêt intragroupe. […] un surcoût pour les usagers de 506 M€

        3. Le paiement de l’installation et du compteur Linky

« Les coûts effectivement engagés liés aux dispositifs de comptage mis en œuvre par les gestionnaires des réseaux publics conformément aux prescriptions de l’arrêté prévu à l’article R. 341-6 entrent dans les charges à couvrir par les tarifs d’utilisation des réseaux publics de transport et de distribution d’électricité. » (= la taxe TURPE)  – Article R341-7 du Code de l’Energie du 30 décembre 2015  (lien)

      4. Linky : un compteur énergivore

– Déclaration d’ENEDIS : 2 W/h, soit 48 W/jour soit 1500 W/mois (lien)
On peut même s’attendre à une consommation supérieure lorsqu’il tournera à plein régime, avec ses diverses applications, ses analyses de données, ses renvois et retours de CPL, etc.

       5. Modification de l’indice de l’abonnement
Voir l’excellente analyse du Collectif Chartres de Bretagne (lien)

Depuis 2010, l’unité de mesure pour l’abonnement est passé de kW à kVA.
– Factures février 2010 et mars 2010 (lien)
– Annonce des fournisseurs : 1 kW = 1 kVA (lien 1) (lien 2) (lien 3)

  • si kW et kVA sont identiques, pourquoi changer d’unité de mesure ?
  • comment se fait-il qu’un compteur aussi « intelligent » ne soit pas capable de calculer en kVA alors que les anciens compteurs le font ?

– La réalité :

  • 1 kW n’est pas égal à 1kVA
  • 1 kW = 1,25 kVA (en moyenne, selon les appareils) : Voir convertisseur kW en kVA (lien)
  • En changeant d’unité de mesure, on réduit la puissance de consommation simultanée tolérée par le compteur
  • L’abonnement antérieur de 6 kW, avec un disjoncteur réglé à 30 A, permettait de disposer d’une puissance en simultané de 6,9 kVA
  • Avec un abonnement limité à 6 kVA, la puissance simultanée tolérée sera de -13%

Exemple :
Avec l’ancien compteur qui ne calcule qu’en kW :
– abonnement de 6 kW, puissance maximale de consommation simultanée, avec marge de tolérance de 10%, soit environ 6,5 kW
– si dépassement, le disjoncteur se coupe : on arrête d’utiliser un appareil, on remet en marche le disjoncteur, et tout repart.

Avec le Linky :
– abonnement de 6 kVA
– Le Linky comprend un organe de coupure qui ne tolère aucun dépassement
– si la puissance demandée est supérieure à 6 kVA, il y aura disjonction au niveau du compteur Linky lui-même, qui a son propre disjoncteur ou « organe de coupure ». (Canard PC Hardware – 28 mars 2016) (lien)

Solution : soit réduire sa consommation d’énergie, soit souscrire à un abonnement supérieur pour pouvoir disposer de la même puissance qu’auparavant.

NB. la modification de puissance du compteur coûte : 36,80 €

  5. Réponses d’ENEDIS à un abonné : Échange téléphonique. (lien)

  6. Vidéo d’un échange téléphonique avec ENEDIS « On n’est plus des pigeons »  (lien à 9’50)

   C. LA LONGÉVITÉ DES COMPTEURS « LINKY »

L’autre préoccupation financière des abonnés est de savoir si, une fois le compteur Linky installé, il faudra envisager un nouveau changement de compteur dans un laps de temps assez court, et bien entendu à leurs frais.

– Il ne fait aucun doute que les compteurs électro-mécaniques noirs ou bleus en bakélite sont là depuis les années 50 et 60, leur durée de vie est donc de plus de 60 ans, et seuls leur retrait et leur destruction achèvent leur parcours : ils auraient pu tenir encore un certain temps.

– Les compteurs électroniques sont là depuis les années 90, soit depuis près de 30 ans, et ils tiennent encore.

– Le Linky est un micro-ordinateur qui fonctionne 24h/24, et dont les composants électroniques (micro-processeurs, varistances, contrôleurs, …) sont ceux d’un micro-ordinateur. Le boîtier du compteur fait coexister un circuit pour les « courants forts » (plusieurs dizaines d’Ampères) pour alimenter l’habitation, et des circuits « courants faibles » qui gèrent l’électronique associée. ​Le passage de courants forts génère inévitablement un échauffement quasi permanent des circuits électroniques​, ce qui entraine le vieillissement prématuré des composants avec aggravation du risque de fusion et d’incendie.

Aucun micro-ordinateur de ce type ne peut tenir plus de 10 ans : nos ordinateurs portables, alors qu’ils ne sont pas traversés par de tels courants et qu’ils ne fonctionnent que quelques heures par jour, ne durent pas 10 ans.

– Les textes :

Selon Enedis (Linky : le nouveau compteur communicant – 12/11/2015 – p.3), la durée de vie du Linky est de 20 ans. (lien)
Mais cette allégation est nuancée par la Cour des comptes (rapport de février 2018 – p. 259) « Même si Enedis a procédé à des essais de vieillissement sur les compteurs Linky, il subsiste néanmoins un risque que leur durée de vie soit inférieure à la durée retenue pour les calculs économiques (20 ans). »  (page : lien 1) (§ lien 2)

Pour Capgemini, collaborateur du projet, la durée de vie est estimée à 15 ans (Comparatif international des systèmes de télé-relève … – 8 mars 2007 – p.27). (lien)

Pour l’ADEME, tout appareil embarquant des composants électroniques et des logiciels, a une durée de vie de 3 à 12 ans (Etude sur la durée de vie des équipements électroniques – juillet 2012). (lien)

L’Italie et la Suède sont aussi équipées de tels compteurs depuis 2001 et 2003. Pour chacun de ces pays, le déploiement a cessé en 2009 et 2011. Actuellement en 2020, soit 11 ans et 9 ans après la fin du déploiement, en plus des dizaines de milliers de cas de problèmes sanitaires recensés, des milliers de compteurs tombent en panne chaque jour, et les 2 pays ont reconduit un nouveau déploiement avec des compteurs de nouvelle génération, toujours aux frais de l’abonné. (Smart Energy International – 22 octobre 2017) (lien)